Espace du dehors

Mais pourquoi "L'Espace du Dehors" ?

Tout est parti d'une boutade au sujet de l'anthologie d'Henri Michaux, L'Espace du Dedans, que je voulais offrir à un ami.

Or j'ignorais qu'il n'aimait pas du tout les anthologies...

J'ai donc gardé le livre pour moi et quand j'ai demandé à mon ami ce qu'il voulait à la place, il m'a répondu en plaisantant : "Tu n'as qu'à m'écrire L'Espace du Dehors".

Et comme il ne faut jamais défier une femme de lettres...

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Lundi 17 mars 2008
La fac est un milieu étonnant. Il y a là un brassage continuel qui donne le tournis. Fini le tranquille ordonnancement des choses de l'IUT qui, pourtant, n'était pas maître en la matière. La population estudiantine de la fac (est-ce spécial à Rennes 2, ce "repaire de gauchistes",  comme on la qualifie souvent ?) est cosmopolite, active et pourtant diablement commune. Pour qui débarque du secondaire ou d'institutions plus organisées, c'est l'inconnu de la jungle. Mais il exalte les sens, l'appétit de vivre, de savoir, de connaître. C'est une expérience à faire.
Chaque étudiant semble avoir des projets et des buts très précis lorsqu'il s'inscrit. Je ne crois pas qu'ils soient si nombreux à choisir la fac par désoeuvrement. Certains y travaillent pour avoir leur année, leur dîplome. D'autres s'imaginent déjà à la place du prof, dans la chaire. Les uns finiront journalistes, cinéastes, interprètes, chercheurs. Les autres, et ils sont nombreux, mettent simplement les pieds à la fac pour y rencontrer des gens, s'ouvrir au monde : grandir, en un mot.
Chacun son style, autour du lieu de rassemblement général qu'est le hall du batiment B. Sortie de cours, un café à la cafèt', puis BU, un TD, ou rien. Discuter, simplement. Et l'étudiant de se forger cet esprit frondeur qu'on lui prête souvent. Je me doute que la majorité n'est pas révolutionnaire, pas autant que le souhaiteraient les syndicats étudiants. Même si cette majorité est loin d'être satisfaite, on explique souvent par un "c'est la fac !" fataliste. Il faudrait réformer les mentalités. La fac est à l'enseignement supérieur ce que l'apprentissage est au secondaire  : une voie de garage.
Révolutionnaires, les étudiants ? Certes, les slogans griffonnés ça et là (et jusque sur le faîte du tableau magistral de l'amphi Henri Sée) interpellent au départ, puis font sourire avec indulgence, à force d'être lus. Sans son côté revanchard, la fac perdrait de sa saveur...
Je suis les cours de deuxième année d'Histoire a presque mi-temps, tandis que mon chéri s'en va remplir ses obligations militaires. L'autre moitié du temps, je garde les trois enfants d'un couple de médecins gynécologues pas loin de chez moi. Des gamins bien élevés, adorables, très calmes. Des parents exigents mais larges (à l'aune de leur salaire respectif : je suis payée au SMIC pour mon job). Au cours de l'année, un module d'orientation professionnelle me fait choisir mon dernier diplome (en date) : dès septembre j'intègre l'IUP Infocom pour y passer en deux ans un titre d'Ingénieur-Maître en communication. J'hésite jusqu'au bout entre ça et poursuivre en licence d'Histoire... en me promettant d'y revenir un jour, en formation continue.
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