Ma journée se divisait en deux parties : voir Bertha et attendre de la revoir !

 

Peut-être que ce n'est qu'en étant un homme qu'un homme libère la femme chez la femme.

 

Vous voulez voler de vos propres ailes, mais vous ne pouvez pas commencer à voler en volant. Je dois d'abord vous apprendre à marcher et la première étape  est de comprendre que celui qui ne s'obéit pas à lui-même tombe sous la coupe des autres.

 

Ce n'est pas la pente descendante qui m'inquiète, c'est le fait de ne plus remonter.

 

La vie est un examen sans bonnes réponses... Si je devais la refaire, je referais exactement la même chose, je commettrais les mêmes erreurs.

 

L'individu ne choisit pas sciemment ses buts suprêmes : ce sont des accidents de l'histoire.

 

Ne pas s'emparer du cours de sa vie, c'est réduire l'existence à un simple accident.

 

Je hais ceux qui me privent de ma solitude sans pour autant me tenir compagnie.

 

L'horreur de la mort disparait dès lors que l'on meurt en ayant vécu jusqu'au bout !

 

- Vous répondez à mes questions par d'autres questions, Friedrich.

- Mais vous me posez des questions dont vous connaissez la réponses, rétorqua Nietzsche.

- Si je connaissais la réponse, pourquoi poserais-je la question ?

- Pour éviter d'entendre votre propre réponse !

 

Cette pression précordiale que vous ressentez est tout simplement due au fait que vous débordez d'une vie non vécue.

 

Nous pouvons bavarder des heures durant, mais je ne peux pas changer ma vie, dont les fils sont trop intimement liés à d'autres vies.

 

Puisque le temps s'étend à l'infini dans le passé, ne doit-il pas s'étendre aussi à l'infini dans l'avenir ? Ne sommes-nous pas, à chaque instant, dans l'éternel retour ?

 

Pour élever vos enfants, vous devez d'abord vous élever vous-même. Sans quoi vous ne verrez en eux qu'un moyen de combler vos lacunes et votre solitude, comme mû par vos seuls instincts animaux.

 

J'ai compris que le meilleur maître est celui qui apprend de son disciple.


C'est une erreur de faire des enfants par nécessité, d'utiliser l'enfant comme un rempart à sa solitude, d'assigner un but à sa vie en reproduisant une pâle copie de soi-même. Erreur également de chercher l'immortalité en crachant sa semence vers l'avenir, comme si elle contentait notre conscience !

 

Tout ça continue sans moi, rien ni personne n'a besoin de moi pour exister.

 

Nous devons vivre comme si nous étions libres. Bien que l'on ne puisse échapper à son destin, il faut toujours foncer dedans tête baissée et faire en sorte qu'il s'accomplisse. Il faut l'aimer, ce destin...

 

La relation de couple idéale n'existe que lorsqu'elle n'est pas nécessaire à la survie des deux personnes liées (...). Pour établir une relation entière avec autrui, il faut d'abord établir une relation avec soi-même. Si nous sommes incapables d'affronter notre propre solitude, nous ne faisons qu'utiliser les autres comme des boucliers. (...) Si l'homme est incapable d'abandonner son couple, alors celui-ci est condamné.

 

Le secret d'une vie heureuse est d'abord de vouloir ce qui est nécessaire et ensuite d'aimer ce qu'on a voulu (...). Amor fati : aimer son destin. (...) Je comptais vous apprendre à surmonter votre désespoir en transformant le "il en est ainsi" en "je le veux ainsi".

 

A mon avis, Friedrich, vous désirez trouver un foyer mais vous craignez votre désir !

 

La solitude n'existe que par la solitude. Une fois partagée, elle s'évapore aussitôt. 

 

- Votre devoir ? Mais comment le devoir pourrait-il primer sur l'amour que l'on se porte, ou que l'on porte à sa propre quête d'une liberté sans conditions ? Si vous ne vous êtes pas trouvé vous-même, alors le "devoir" n'est qu'un doux euphémisme pour signifier l'utilisation des autres à seule fin de mieux grandir soi-même.

Breuer trouva assez de force en lui pour une dernière réfutation. «Le devoir à l'égard des autres existe, et je m'y suis toujours tenu. Dans ce cas précis, au moins, j'ai le courage de mes idées.
– Mieux vaut, Josef, et de loin, avoir le courage de changer ses convictions. le devoir et la fidélité sont des mensonges, des masques derrière lesquels on se cache. La délivrance exige d'y opposer un “non” sacré, y compris au devoir envers les autres.»
Breuer, inquiet, fixa Nietzsche droit dans les yeux.
Ce dernier s'empressa de continuer. «Vous souhaitez devenir vous-même. Combien de fois vous ai-je entendu dire cela? Combien de fois vous ai-je entendu vous plaindre de n'avoir jamais connu la liberté, votre liberté? Votre bonté, votre devoir, votre fidélité, voilà les barreaux de votre prison! Ces petites vertus finiront par vous tuer! Aussi devez-vous apprendre à connaître vos vices et votre méchanceté. Vous ne pouvez pas être à moitié libre: vos instincts, eux aussi, ont soif de liberté, comme des chiens sauvages… tendez l'oreille: vous ne les entendez pas qui hurlent pour leur liberté?

 

Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 18:09

Ecrire un commentaire

 

Voyez comme elle a du mal à s'en remettre. Quand on pense à son allure triomphante quand elle vivait sa belle histoire. Et comment elle apparaissant, droite, les seins en avant, les hanches en mouvement, le corps entier affichant qu'elle avait fait l'amour toute la nuit, et que son homme lui avait donné du plaisir et qu'elle en avait éprouvé tant de plénitude, tant de bonheur, et que cela avait duré des heures et des heures, et comment elle avait la presque envie de nous le dire, de le clamer à la face de notre petite communauté, avec cette silencieuse et béate satisfaction sur les joues, sous les yeux, dans le dessin des cernes sous ses paupières, dans la souplesse sensuelle et placidement lassée avec quoi elle posait son coprs derrière le pupitre, en disposant délicatement la partition et cet insupportable sourire sur ses lèvres gonflées d'avoir donné trop de baisers.

 

Insensiblement, il s'était créé chez moi le début d'un semblant d'habitude -- à tout le moins un désir de cette habitude.

 

Il n'y a pas de vide quand il y a de l'émotion.

 

Il a fait un geste de la main, comme l'acceptation d'une défaite, l'incapacité de se confronter à une telle aisance verbale, et surtout un tel déni des barrières de l'âge et des conventions selon quoi enfants ne peuvent pas s'adresser aux grandes personnes comme s'ils étaient eux mêmes des personnes grandes.

 

Tu m'aides simplement parce que tu es là. Parce que tous les jours, à la même heure, je te retrouve, et quand je t'ai quittée, je sais que je te retrouverai le lendemain et ça suffit à me rendre heureux.

 

Je trouve que c'est un peu déplacé de ta part, expéditif et superficiel de te servir de l'âge pour éviter l'aventure d'un amour.

 

Je n'ai plus jamais oublié le garçon sur un banc au bord d'un lac qui croyait qu'un amour impossible n'est pas impossible.

 

C'était sa faute à elle. C'est impeccable. C'est conforme à l'imperfection qui la hante -- ça satisfait son insatisfaction.

 

Mais cette onde peut aussi n'intervenir que dans la durée d'un éclat de lumière -- cette durée que les hommes de science et les ordinateurs évaluent en des chiffres que le plus sophistiqué des chronomètres ne peut intégrer. Ce n'est même pas le millième de seconde du cent mètres olympiques. Il s'agit de l'infinitésimal. Du vacillement.

 

"Que veux-tu faire de toi-même ?

- Ce que tu voudras faire de moi."

 

C'est un instant que je chéris, le nombre des années n'y changera rien, j'aime ce vacillement du jour qui fait place à l'arrivée de la nuit. Et puis, je sais ce que j'attends, je sais ce que j'entends.

 

 

 

 

 

Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 21:13

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

 

Mais ses silences sont pleins, je ne sais pas de quoi, peut-être d'autres morceaux de sa vie dans lesquels elle s'attarde.

 

Tout chez moi, à cette minute, l'exaspérait et cela m'amusait. Il me vint l'envie enfantine de l'exaspérer encore davantage, de le mettre vraiment en colère.

 

Le charme de ceux qui ne savent pas qu'ils en ont...

 

Couchée sur le dos, je contemplais le ciel d'un bleu parfait, le doux balancement des cimes des arbres les plus proches, et, lorsque je me redressais sur un coude, la maison rose de mon enfance, si aimée jadis et pour laquelle je n'éprouvais plus que de l'indifférence.

 

Cette impression si nouvelle de faire enfin partie de l'univers me bouleversait physiquement, mentalement, je ne faisais même plus la différence. J'en avais les larmes aux yeux, des frissons et l'envie confuse de me dissoudre, là, tout de suite, dans la chaleur et la lumière de cette fin d'après-midi d'été.

 

J'étais en paix, réconciliée, avec qui, avec quoi, c'était sans importance mais miraculeux après ces années de chagrin et de mal-être, ces années où il avait fallu vivre sans mon père à mes côtés.

 

J'avais 18 ans, je croyais que cet été avait fait de moi une adulte et je découvrais que je n'étais rien d'autre qu'une petite jeune fille dont les vacances se terminaient et qui devait reprendre le chemin de l'école. Et cette petite jeune fille qui réapparaissait soudain, alors que je la croyais loin derrière moi, m'exaspérait.

 

Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 21:03

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

 

Le bonheur est fragile. Tu n'es pas funambule et tu avances pas à pas. Tu ne sais rien des jours, tu glisses sur un fil, au loin tu ne vois pas. Si tu regardes en bas, c'est le vertige, ne regarde pas. (...) Tu risques à chaque pas, tu avances docile. A chaque risque le bonheur est là. Tu avances vers toi ; le bout du fil n'existe pas.http://blog.momes-de-terre.com/public/Billets2009/Logo_Doudou_Bonheur.bmp

Image empruntée sur le site http://blog.momes-de-terre.com/post/2009/04/29/Un-doudou-pour-le-bonheur-des-autres

Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 20:50

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

 

Ce qui ne va pas, c'est que les enfants croient aux discours des adultes et que, devenus adultes, ils se vengent en trompant leurs propres enfants. "La vie a un sens que les grandes personnes détiennent" est un mensonge universel auquel tout le monde est obligé de croire. Quand, à l'âge adulte, on comprend que c'est faux, il est trop tard. Le mystère reste intact mais toute l'énergie disponible a été depuis longtemps gaspillée en activités stupides. Il ne reste plus qu'à s'anesthésier comme on peut en tentant de masquer le fait qu'on ne trouve aucun sens à sa vie et on trompe ses enfants pour tenter de mieux se convaincre soi-même.

 

Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal.

 

Je pense à la beauté dans le monde, à ce qui peut nous élever dans le mouvement de la vie.

 

Je ne sais pas très bien comment expliquer ça, mais quand nous nous déplaçons, nous sommes en quelque sorte déstructurés par ce mouvement "vers" : on est à la fois là et en même temps pas là parce qu'on est déjà en train d'aller ailleurs.

 

Il me semble un jour embrasser la totalité du savoir, comme si d'invisibles ramifications naissaient soudain et tissaient entre elles toutes mes lectures éparses -- puis brutalement, le sens se dérobe, l'essentiel me fuit et j'ai beau relire les mêmes lignes, elles m'échappent chaque fois un peu plus tandis que je me fais l'impression d'une vieille folle qui croit son estomac plein d'avoir lu attentivement le contenu.

 

Lorsque la maladie entre dans un foyer, elle ne s'empare pas seulement d'un corps mais tisse entre les coeurs une sombre toile où s'ensevelit l'espoir.

 

Que le silence serve à aller à l'intérieur, qu'il soit nécessaire pour ceux qui ne sont pas interessés que par la vie au dehors, je ne crois pas qu'elle puisse le comprendre parce que son intérieur à elle est aussi chaotique et bruyant que l'extérieur de la rue.

 

Oui, c'est agréable, car nous jouissons d'une double offrande, celle de voir consacrée par cette rupture dans l'ordre des choses l'immuabilité d'un rituel que nous avons façonné ensemble pour que, d'après-midi en après-midi, il s'enkyste dans la réalité au point de lui donner sens et consistance et qui, d'être ce matin transgressé, prend soudain toute sa force -- mais nous goûtons aussi comme nous l'eussions fait d'un  nectar précieux le don merveilleux de cette matinée incongrue où les gestes machinaux prennent un nouvel essor, où humer, boire, reposer, servir encore, siroter revient à vivre une nouvelle naissance. Ces instants où se révèle à nous la trame de notre existence, par la force d'un rituel que nous reconduirons avec plus de plaisir encore de l'avoir enfreint, sont des parenthèses magiques qui mettent le coeur au bord de l'âme, parce que, fugitivement, mais intensément, un peu d'éternité est soudain venu féconder le temps.

 

Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des pauvres, le rituel du thé, donc, a cette vertu extraordinaire d'introduire dans l'absurdité de nos vies une brèche d'harmonie sereine. Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au dehors, les feuilles d'automne bruissent et s'envolent, le chat dort dans une chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps.

 

Ce qui m'a toujours plu dans ce passage, c'est la césure, le balancement de la guerre et de la paix, ce flux et ce reflux dans l'évocation, comme la marée sur la grève emporte et rapporte les fruits de l'océan.

 

En une fraction d'éternité, tout change et se transfigure.

 

Vivre, mourir : ce ne sont que des conséquences de ce qu'on a construit. Ce qui compte, c'est de bien construire.

 

Il faut vivre avec cette certitude que nous vieillirons et que ça ne sera pas beau, pas bon, pas gai. Et se dire que c'est maintenant qui importe : construire, maintenant, quelque chose, à tout prix, de toutes ses forces. Toujours avoir en tête la maison de retraite pour se dépasser chaque jour, le rendre impérissable. Gravir pas à pas son Everest à soi et et le faire de telle sorte que chaque pas soit un peu d'éternité.

 

L'insu est la marque la plus éclatante de la force de notre volonté consciente qui, lorsque notre émotion s'y oppose, use de toutes les ruses pour parvenir à ses fins.

 

C'est peut-être ça, être vivant : traquer des instants qui meurent.

 

Quand ai-je pour la première fois ressenti cet abandon exquis qui n'est possible qu'à deux ? La quiétude que nous éprouvons lorsque nous sommes seuls, cette certitude de nous-mêmes dans la sérénité de la solitude ne sont rien en comparaison du laisser-aller, laisser-venir et laisser-parler qui se vit avec l'autre, en compagnie complice...

 

 

 

Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 10:05

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

Comme l'éternité est ennuyeuse lorsqu'elle traverse le temps.

 

J'aurais volontiers évité ce jour inutile [le dimanche] mais une conspiration universelle, due à l'action conjointe  des lois, de l'Eglise et du consentement joyeux de milliers d'imbéciles, me contraignait à m'amuser, moi qui n'aimais que le travail.

 

Quand aux sages, ils se turent car on ne discute pas de ce qui n'a pas été prononcé par amour de la vérité mais par désir de contredire.

 

Le vieillard vient de déformer un visage crispé, un incroyable réseau de rides et de traits : il me sourit.

Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 19:52

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

 

Tu m'as offert cette occasion de retourner dans la maison qui a abrité mes différentes vies et de ranger ma chambre.

 

Ces mélodies que j'entends dans ma tête, elles sont tellement plus intéressantes que celles que je suis capable de jouer. (...) Je suis nul à la guitare, et au piano encore pire. Si je n'avais pas Edge à portée de main, ce musicien complexe et extraordinairement doué, je serais un zéro. Si je n'avais pas Larry et Adam, ces mélodies n'auraient pas d'ancrage. Mais encore maintenant, c'est très difficile pour moi de devoir m'appuyer sur les autres. C'est une faiblesse ; être en position de faiblesse, c'est bénéfique : ça te force à avoir des amitiés. (...) C'est dur à avaler, cette idée qu'il faut s'appuyer sur ses amis pour ne pas rester inachevé.

 

Et ça donnait à tout ce qu'on faisait beaucoup d'intensité et de tension aussi, parce qu'il fallait, tous les soirs, qu'on donne le concert de notre vie (...). Pour nous, c'était la seule façon d'être sincères. Parce que si on ne plongeait pas au coeur de ces chansons, si on ne les vivait pas à fond, on était des menteurs et on trompait les gens !

 

Si on estimait vraiment que la vie d'un Africain avait la même valeur que celle d'un Anglais, d'un Français ou d'un Irlandais, on ne laisserait pas deux millions et demi d'Africains mourir pour la plus bête des raisons : l'argent. On ne laisserait pas faire ça et c'est tout. Un éminent chef d'Etat m'a dit ceci : "C'est vrai. Si ce n'étaient pas des Africains, on ne l'admettrait pas et on ferait tout pour l'empêcher". Au fond du fond, on ne croit pas qu'ils sont nos égau

http://absolutezone.files.wordpress.com/2009/10/bono_par_bono.jpg

x (...). On fait une croix sur les Africains. Alors la prochaine étape sur la longue voie de l'égalité, c'est d'en arriver au stade où on n'aura pas le droit de faire le tri parmi ses voisins.

 

Ali (sa femme) : "Tu vois, je suis tombée amoureuse de toi parce qu'il y avait de la malice dans tes yeux. Tu étais culotté, tu n'avais peur de rien et en même temps tu me faisais rire."

 

Comment en es-tu venu à faire le con devant 20.000 personnes ?

-- J'avais un plus grand vide à combler.

-- Quelle sorte de vide ?

-- Une rockstar c'est quelqu'un qui, dans son coeur, ressent un vide presque aussi vaste que la masse de son ego.

 

J'ai toujours cru en la supériorité de l'instinct sur l'intellect. L'instinct, c'est ce que tu savais depuis le début ; l'intellect, c'est ce que tu cherches à comprendre.

 

Quand ça part pour de bon, on a vraiment l'impression que la chanson prend possession de soi, et que la chanson prend possession de la salle : tout le monde, foule et interprètes, est plongé dedans.

 

Plus on fait l'expérience de l'amour, plus on devrait pouvoir en donner. Mais c'est souvent l'inverse qui se produit, parce qu'on craint de se faire arracher un être cher à cause de cette vulnérabilité même.

 

De quelle qualification a-t-on besoin pour secourir quelqu'un qui s'est fait renverser par une voiture ? D'une seule : être là et appeler une ambulance. Voilà comment je vois mon rôle : donner l'alerte. J'ai un mégaphone t

rès puissant. Il est branché sur une pile d'amplis Marshall et je peux mettre ce truc ridicule qui s'appelle la célébrité au service de ces enjeux.

 

Quand tu es resté 20 ans au trou [comme Mandela], chaque journée que tu passes à l'air libre est une belle journée.

 

En surface il y a une espèce de rumeur, un personnage hyperactif qui fait des tas de choses, avec plein de centres d'intérêt, toujours à l'affut d'idées nouvelles. Mais en profondeur il y a... comme une paix.

 

Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 18:29

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire


http://ecx.images-amazon.com/images/I/61JNNGBH2HL._SS500_.jpgLe chat est tellement d'ailleurs qu'ici ne l'intéresse pas. (Claude Mauriac)


J'aime dans le chat ce caractère indépendant et presque ingrat qui le fait ne s'attacher à personne, et cette indifférence avec laquelle il passe des salons à ses gouttières natales. (Châteaubriand)


Le chat est infiniment prudent, perpétuellement inquiet, irréfléchi, calculateur, sédentaire... Il est patient comme ceux qui ont beaucoup médité, il est paresseux aussi, c'est à dire qu'il peut vivre en lui-même, sur lui-même des jours et des jours et, pelotonné sur un coussin ou sur une table, immobile comme un bibelot de bronze, rêver des rêves merveilleux que ne ne connaissons pas. (Octave Mirbeau)


Rien n'est plus doux, rien ne donne à la peau une sensation plus délicate, plus raffinée, plus rare que la robe tiède et vibrante d'un chat. (Maupassant)


L'idée du calme se trouve dans un chat assis. (Jules Renard)

Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 18:18

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

 

http://www.dussaud-g.fr/images/livres/2004Presqu.jpg

 

Une pierre a été déposée

au bout d'un chemin

une pierre

comme n'importe quelle pierre.

 

Sauf qu'on y trouve des traces de main

et dans les mains les traces d'un visage

qu'un jour

caressa un regard avec tant de douceur

qu'aujourd'hui encore le mouvement se poursuit

mais dans le vide de son écho.

 

Celle qui a déposé la pierre

à ce que disent les vagues

a déposé le poids de son âme dans le poids de la pierre

puis s'est envolée dans les jours de sa vie.

 

Tous les soirs,

l'homme revient sur les lieux de l'envol

tous les soirs

il se souvient de celui qui marchait sur les eaux

d'où remontaient les miracles

comme du passé remontaient les jours

qu'ensemble ils avaient vécus.

 


Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 23:44

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

 
Quoi d'étonnant à ce que je sois rarement naturelle dans la vie ? Naturelle par rapport à quoi, fidèle à quel état de mon âme, à quelle couche ? Comment puis-je être sincère si je dois à chaque instant choisir entre cinq ou six âmes ?

Il est facile de définir ma forme de loyauté envers Hugh [son mari] (...). Elle consiste à ne pas lui faire de mal.
Ce qui provoqua la surprise de Miller, on s'en doute (ainsi que la désapprobation de sa famille et de ses amis lorsque le livre fut publié en 1932) fut l'apparente disparité entre l'image d'elle-même que donnait Anaïs (ou plutôt ce que les gens voulaient voir en elle) et le ton passionné de ses arguments, appuyés par Lawrence, contre la façon dont "nous renions les besoins les plus profonds de notre nature". Après avoir rempli si parfaitement ses rôles (l'épouse décorative du jeune cadre qui monte, la fille de devoir, la soeur aimante, la jeune fille catholique et naïve qui rêvait d'atteindre la sainteté et même la mondaine légèrement flirteuse), Anaïs Nin n'avait jusqu'alors révélé qu'à son mari la jeune femme torturée du journal secret. Mais n'importe quel lecteur un peu sensible aurait pu entendre ce cri du coeur que représentait cette défense de DH Lawrence.


Henry pense à notre mariage qui, je le sens, ne se fera jamais. Pourtant, il est le seul homme que je voudrais épouser (A.N. 1932)


Je veux être pouvoir être capable de vivre avec June dans la plus parfaite folie, mais je veux aussi être capable de comprendre après coup, capable d'analyser ce que je viens de traverser. (...) Parce que je ne suis pas tout le temps sous l'eau, je ne me contente pas seulement de vivre, de suivre ma fantaisie. Parce que je remonte parfois pour respirer, pour comprendre.


Elle [June] a détruit la réalité. Elle a détruit la conscience (...). June n'est pas gênée par la vérité. Elle invente sa vie à mesure qu'elle avance -- elle ne voit aucune différence entre la fiction et la réalité.


Je pensais que c'était trop facile (du moins pour moi) d'être exaltée, de vivre au bord du précipice, comme le fait June, de donner jusqu'à la mort... Le plus difficile, c'est de s'arrêter brusquement, de s'arrêter parce que quelqu'un lance un pitoyable appel à votre raison, comme si c'était le plus grand des cadeaux. Ce que je voulais, lorsque quelqu'un venait à moi en m'implorant, c'était comprendre, comprendre lucidement. Pouvoir, au milieu de la folie, redevenir humaine et pitoyable.


Mardi est loin. Et pas seulement mardi -- je me demande quand tu vas enfin passer une nuit ici, quand je pourrais t'avoir enfin à moi pour un long, long moment ; c'est une torture de te voir ainsi quelques heures et puis de devoir te rendre. Quand je te vois, tout ce que je voulais te dire s'envole -- le temps est si précieux et les mots sont en dehors de la question. Pourtant tu me rends si heureux -- parce qu'avec toi je peux parler.


Je vis dans une attente perpétuelle. Tu viens et le temps glisse comme dans un rêve. C'est quand tu t'en vas que je prends vraiment conscience de ta présence. Et alors il est trop tard.


Je ne sais pas ce que j'attends de vous, mais cela tient du miracle. Je vais exiger tout de vous -- même l'impossible, parce que vous m'y encouragez.


Je t'adore. Tu me fais croire que tout est possible.


Anaïs, il me fait pleurer, ton journal. Il me fait t'aimer au-dela des mots.

Anaïs, tu es devenue une part de moi tellement vitale que je me sens tout retourné, si tu vois ce que je veux dire. Je ne sais plus ce que j'écris -- sauf que je t'aime, que je dois t'avoir pour moi seul, exclusivement, te posséder, furieusement. Je ne sais pas ce que je veux. J'ai trop, je crois. Tu m'as envahi tout entier -- tu m'as gâté. Je te demande de plus en plus de choses. Je m'attends à ce que tu accomplisses des miracles.


Tout ce que je lis a maintenant une signification différente, une signification exagérée ; la façon dont j'ai lu Dostoievski n'est plus vraiment de la lecture, c'est une expérience passionnelle, comme lorsque je t'ai lu. Je suis bouleversée, comme après un tremblement de terre.


J'ai écrit ce livre en pleine effervescence, dans un moment de grande intensité, dans un état visionnaire... Je suis incapable de refaire le même chemin. Je ne peux pas développer ce que j'ai dit, ni le dire d'une autre manière. C'est pour moi quelque chose de froid maintenant. Je ne peux pas expliquer pourquoi je suis incapable d'en parler. Ce n'est pas par manque d'enthousiasme, c'est peut-être qu'un changement s'est produit en moi, je poursuis ma route. J'emporte Lawrence avec moi, non pas tout Lawrence, mais un Lawrence passé au tamis, et dont je me suis détachée en grande partie.


Non je ne crois pas à une vie routinière, et toi non plus. Il se peut que tu admires cela, mais tu ne trouveras jamais des rails à ta convenance.


Avec toi, Anaïs, je pourrais ne pas être égoïste. Je veux que tu sois toujours heureuse, en sécurité, protégée. Jamais je n'ai aimé une femme de manière aussi désintéressée.


J'ai la même impression lorsque je lis un livre annoté par toi. J'aime partager. Je sens ta présence avec une telle acuité ; c'est comme si tu lisais avec moi. J'ai de nouveau la sensation de m'appuyer sur ton épaule et de t'embrasser le cou et les cheveux pendant que tu lis ou que tu écris.


Je veux que, grâce à moi, tu fasses l'expérience d'être aimé.


Ne compte plus me trouver sain d'esprit. Finissons-en avec la raison. Ce fut un mariage à Louveciennes, tu ne peux le nier.


Anaïs, je croyais t'aimer, avant ; ce n'était rien à côté de la certitude que j'en ai aujourd'hui. Etait-ce si merveilleux parce que c'était court et volé à la vie ? (...) Est-ce folie de croire que ça pourrait continuer ? Quand et où commencerait la grisaille ? Je t'étudie tellement, afin de découvrir d'éventuels défauts, des points faibles, des zones dangereuses. Je n'en trouve pas -- pas les moindres. Cela veut dire que je suis amoureux, aveugle, aveugle, aveugle. Etre aveugle à jamais.


Je m'embarque dans des rêves fous (...). Nous voyageons sans arrêt, mais il y a toujours une machine à écrire et des livres, et ton corps est toujours auprès du mien, et ton regard ne change pas. Les gens disent que nous allons être malheureux, que nous le regretterons un jour, mais nous sommes heureux, nous rions sans cesse, nous chantons. (...) Je te raconte cela comme un rêve fou -- mais c'est ce rêve que je veux réaliser. La vie et la littérature mêlés, l'amour comme dynamo, toi avec ton âme de caméléon, m'offrant milles sortes d'amour, toujours là, solide, quelle que soit la tempête que nous traversons, nous sentant partout chez nous. Poursuivant chaque matin la tâche là où nous l'avions laissée. Résurrection sur résurrection. Toi, prenant de plus en plus de d'assurance et menant la vie riche que tu désires ; et plus tu prends de l'assurance, plus tu me veux, plus tu as besoin de moi...


Jusqu'à présent, je n'ai rien demandé. Un jour où tu avais lu mon Journal, tu avais insisté sur ce point : si Anaïs a un défaut, c'est d'être trop facilement satisfaite. C'était possible quand je n'étais pas un être humain, mais seulement le fantôme d'un écrivain qui vivait dans son imagination.


J'ai envie de fuir afin d'être seule avec mes sentiments pour toi.


J'aurais aimé t'avoir toujours connu. Je te dois tellement, Henry. (...) Ce que je ne veux pas oublier, c'est que je peux te rendre plus heureux, te donner bien davantage, t'enrichir de toutes les manières et bien plus profondément en restant ici et en te permettant de n'avoir d'autre souci que ton travail.


Toi et moi, bien que tout aussi jaloux, sommes plus sûrs l'un de l'autre -- plus conscients de nous posséder l'un l'autre. Grâce à cette assurance, nous pouvons nous permettre d'être très généreux, très tolérants, très indulgents ! Nous sommes sûrs du fond.


Tu ne peux pas imaginer ce que j'éprouve quand j'entends les autres faire des compliments sur toi -- quelle joie cela me procure. Et en même temps j'ai l'impression que chacun n'a droit qu'à un fragment de toi, que je suis la seule à connaître.


Je sais que ce n'est pas pour longtemps mais, quand quelqu'un part en voyage, cela pose la question d'autres voyages -- de derniers voyages. Cela rend magnifiquement et immensément triste.


Tu t'imagines que je suis malheureux pour quelque raison cachée. Tu penses que j'ai des problèmes dont je n'ose pas te parler. Non, malheureusement non. Contrairement à toi, je ne sais pas toujours ce qui me fait souffrir. (...) Je souffre de moi-même. C'est mon âme seule qui, sans cesse, me préoccupe. Je suis totalement égocentrique.


(...) J'ai pris conscience que seule compte pour moi l'attrait "littéraire" des gens et des lieux. La réalité est dépourvue d'intérêt. Plate. La description de Chambord et d'Amboise par Osborn est vivante pour moi. Le château lui_même ne l'est pas. L'immense panorama du passé que dresse Spengler est pour moi plein de vie et de signification. Les événements eux-mêmes m'ont toujours laissé froid.


Tu es arrivé à un moment où je n'avais aucune raison de vivre et tu m'as donné la vie, la force et l'inspiration, Henry. Toutes les joies possibles.


C'est ici que tu devrais être. Nous devrions travailler ensemble -- nous lire nos travaux la nuit --, nous enflammer l'un l'autre, nous garder. C'est un crime, cette séparation.

Le principal, c'est de sentir ta présence -- entendre ton bourdonnement ou tes baîllements, voir traîner tes peignes et tes brosses, se soucier de la robe que tu devrais mettre, etc... Si j'ai tant aimé "Deux hommes" de Duhamel, c'est parce que tu étais allongée à mes côtés. Quand je vois ces pages merveilleuses que j'ai écrites à Louveciennes, je sais que c'est parce que tu étais là, que tu attendais que je les écrive. Je sais tu es toujours "là" -- mais être là en pensée n'est pas tout à fait la même chose qu'être là en chair et en os.


Tu ne sais pas ce que tes mots ont fait sur moi - "je me sens seule" -, je ne veux plus jamais les entendre.


C'est peut-être parce que jet'ai dit un jour que je ne voudrais pour rien au monde quitter ce studio que tu remues ciel et terre pour me permettre de le garder. Mais ce n'est pas pour moi - seulement moi, Anaïs. C'est pour Nous. A quoi bon cet endroit merveilleux si tu dois être à l'autre bout du monde et changer d'âme ?


Je veux savoir si tu es prête à renoncer à tout pour vivre avec moi -- pas à temps partiel, à la sauvette, mais vingt-quatre heures sur vingt-quatre et pour de bon (...). Je suis d'abord un être humain et, en tant qu'être humain, la chose la plus importante pour moi, c'est de t'avoir tout près de moi. Pour cela, je renoncerais à écrire, je ferais tout ce qui me permettrait de te garder à mes côtés. Je pense que j'ai été parfois injuste de faire passer la littérature avant tout. Je suis un homme et je veux ma femme. Si l'écriture est un frein, alors au diable l'écriture ! (...) Je ne te lâcherai pas, peu importe les obstacles qui barrent le chemin. Est-ce clair ? Il est temps que tu aies droit à ta propre vie.


Je ne te vois pas seulement comme un phare (...) je te vois comme une femme. Cette lumière n'est que l'émanation de ton esprit. Mais ton corps me réclame aussi -- tout autant. Ton corps brûle en moi. Je ne veux pas d'une lampe qui m'éclaire, quelle qu'en soit la puissance. Je veux tout l'appareil. Et je ne me contente pas de l'aura de lumière que tu projettes tout autour de toi. Je veux tout l'appareil. Et je le veux pour moi, pour moi tout seul. Voilà la faute que j'ai commise : te partager. Cela amoindrit la femme, je le crains. Maintenant, il faut que je t'aie toute entière, sept jours par semaine, voyages compris.


Ne me prendras-tu jamais, une fois pour toutes, pour ce que je suis, pour un homme qui place l'amour au-dessus de tout et qui a trouvé en toi le partenaire parfait ?


Tu vivais dans un rêve et tu m'aimais dans un rêve -- et cela me tuait... C'était négatif et sans vie.
Tu m'as pris en morceaux et tu m'as rendu entier.
Tu m'as donné la vie, Anaïs. Tu es la flamme qui brûle à l'intérieur de moi. Et je suis le gardien de la flamme. Moi aussi, j'ai une tâche sacrée à accomplir.


Ce n'est jamais la vanité qui m'a fait chercher l'amour des autres, mais un besoin d'humanité, de réalité. Un besoin d'expression. On peut mettre le doigt dessus et dire : voilà, c'est un coeur qui bat ; si je bouge, l'autre le sent, si je pars, l'autre le sait ; si je disparais, cette personne prend peur. J'existe en lui. C'est ça la vie, il se passe quelque chose.


"Il y avait un accord tacite entre eux, depuis le début, que Marie ne renierait pas son époux. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Qu'est-ce que cela avait à voir avec l'amour ? [...] Si vous vous libérez des chaines de la tradition, vous tombez dans le marécage du pharisaïsme. Pourtant, ce n'était pas dans sa nature de briser brutalement les liens sacrés qui l'enchaînaient sous prétexte de vivre courageusement sa vérité. Elle pensait que sa forme de courage à elle était la plus grande, qu'elle réclamait plus de tact, plus de discrétion, plus de considération pour autrui, plus de présence d'esprit et plus de sacrifices que ne l'exigeait la franchise instinctive, qui est le courage des faibles." (extrait de Dr Kerkoven de Jacob Wasserman).


La chose la plus difficile à admettre et à comprendre avec tout son être, c'est que, seul, on ne contrôle rien. Etre capable de se mettre en accord ou en rythme avec les forces qui nous dépassent, celles qui agissent vraiment sur nous, voilà notre but -- et la solution si on peut parler de "solution". Le sentiment de culpabilité, comme nous le savons très bien tous les deux, vient de ce que l'on sait réellement que l'on ne se donne pas complètement.
Henry est entré dans mon être pour de bon, même au moment où je contemple avec sagesse la fin de notre amour. Je vois notre amité durer, un lien de presque toute une vie. C'est ainsi que les choses m'apparaissent aujourd'hui : comme si Henry allait faire partie de ma vie de longues années encore, même s'il n'est mon amant que pendant quelques mois... (Journal d'Anaïs Nin, 23 juillet 1932, au début de leur liaison).


Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 22:14

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

J'ai commencé ce roman historique très jeune (encore une fois). Avec la volonté de raconter l'Histoire en racontant une histoire.

Au-delà de l'évocation de la période pré-révolutionnaire, ce livre aborde la situation de ces femmes très masculines de tempérament, ces pré-féministes, ces femmes d'affaires ou femmes politiques qui auraient dû naître hommes : l'héroïne, Eléonore, en est une, comme Olympe de Gouges, Manon Roland, Charlotte Corday, Sophie de Condorcet... et comme ces quelques femmes-pirates du milieu du XVIIIème siècle, Anne Bonny et Mary Read (car mon roman parlera aussi de marine, de guerre et de colonies antillaises...).

Ce sera à la fois une promenade au temps jadis, car je crois qu'on comprend mieux une époque quand on vit aux cotés de personnages pendant quelques pages, et à la fois une réflexion sur l'ambiguïté sexuelle, accrue à cette époque où l'on se targuait d'humanisme et de liberté, et où l'on considérait pourtant que la femme était sur terre pour "plaire à l'homme, le consoler et l'accompagner" (pour résumer Rousseau). Pour s'épanouir dans cette société d'homme, Eléonore ira jusqu'à se travestir, déroutant même Beaumarchais, l'homme à femmes. Rester délicieusement femme en étant terriblement homme...

 

Roman presque terminé, il reste un chapitre ou deux à écrire.

 

Lire Le Vent des Lumières :

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7-8

Chapitre 9-10

Chapitre 11-12

Chapitre 13-14

Chapitre 15-16

Chapitre 17-18

Chapitre 19-20

Chapitre 21-22

Chapitre 23-24

Chapitre 25-26-27

Chapitre 28-29-30-31

Chapitre 32

Chapitre 33


Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 19:26

Publié dans : Romans - Ecrire un commentaire

Un roman assez court, écrit vers 18 ans, à partir d'un fait divers qui m'avait réagir à l'époque et où la société (le public, les médias...) condamnait avant même de connaitre l'histoire (je ne parle même pas des tenants et aboutissants).
Les préjugés poussés à l'extrême... Un sujet difficile parce que trop actuel, qui me pousse à le laisser là aussi dans sa forme originelle. En forme de poésie... cachant un coup de gueule.

Vos commentaires m'aident là-aussi, pour les phrases à venir...

Lien vers le texte : Un petit bout de plage sans prétentions (partie 1 et partie 2)


Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 22:36

Publié dans : Romans - Ecrire un commentaire

Il ne peignait pourtant rien de ce qui est visible. Il peignait l'air. Un air précis, celui du matin même, entre la mer illimitée et le ciel illimité. Si je quittais son cadre, je ne voyais plus qu'avec mes yeux, j'inventoriais des éléments connus, répertoriés, l'ordinaire d'un bord de mer, la plage à marée basse, les rochers endormis, les oiseaux profitant du retrait des eaux pour chasser à même le sol, l'éther éblouissant. Mais dans son cadre, l'invisible surgissait. J'y voyais ce qui avait été et n'était déjà plus, un moment du temps, cet air-là de dix heures du matin, cet air que je respirais à narines larges sous un soleil d'acier, cet air qui avait changé qui n'existait plus, cet air qui appartenait alors à un monde minéral, sable et rocher, relevé ça et là par le pigment des corruptions cruelles, poissons séchés et algues abandonnées, un air d'après l'aube, un air peu assuré, cet air vif azuréen, froid dans son fond, un air du Nord qui, maintenant, s'était alourdi d'une journée, épaissi, chauffé par la touffeur des siestes.


Protégé par Hannibal et sa fille à la proue, j'étais la sentinelle du monde. Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement : j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau.

 

N'être pas grand chose et beaucoup à la fois : une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau. Une goutte dans l'océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable. 

 

La mer est à marée basse, la plage à sable haut. Le soir s'annonce au blondissement de la lumière.

Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 20:55

Publié dans : Braconnages d'auteurs - Ecrire un commentaire

Le printemps sort de terre.
Les jonquilles n'ont pas fleuri,
Mais les agapanthes
Crapahutent

Un espoir d'été dans ma jardinière.

Tout est vert acide, tout frais.
Comme des nouveaux-nés

Graciles,
La rosée les a recouverts,
D'une enveloppe fragile.

Le soir tombe en crépuscule
Dans un silence bruyant
De sons assourdis
Où la quiétude bouscule
Les merles bavardant
Sur le toit verdit.

La terre froide révèle ses secrets
A mes doigts engourdis.
Trois bourgeons enroulés
Emergent fièrement.
Le lilium repousse dans la jardinière
Comme un espoir d'été :
Le printemps, enfin, sort de terre.





Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 21:16

Publié dans : Tentatives poétiques - Ecrire un commentaire

Le soir tombe dans le vent batailleur
mais la nuit complice prolonge encore la chaleur.
Dehors, les arbres jouent les ombres chinoises dans
la lumière crépusculaire du couchant.
L'air sent le foin sec et les soirées estivales...
Lentement, elle l'étendrait dans un morceau d'herbe.
Il fermerait les yeux, pour se laisser aller à elle.


Lentement, elle le dépouillerait de tout ce qu'il y a de négatif en lui,
ses doutes, ses appréhensions, ses craintes, ses questionnements...
Un par un, comme autant de masques ou de vêtements malhabiles
qui le rendent – croit-il – incompétent au bonheur...
Elle poserait sur lui son regard neuf et lui interdirait d'ouvrir les yeux.


Sa main prendrait alors la sienne comme on accoste sur une île inconnue,
l'œil grand ouvert et les sens aux aguets, puis ses doigts chemineraient,
doucement mais précisément, le long de sa peau inexplorée,
en s'attardant longuement à chaque endroit, à chaque refuge, à chaque découverte.
Aucun frisson ne lui échapperait, elle n'oublierait aucune parcelle
de ce corps qui lui était offert – comme une offrande.


Elle y traquerait les goûts inédits, les odeurs exclusives, avant
d'y apposer ses lèvres, précautionneusement.
Il se soumettrait à l'impérieuse nécessité de ses envies,
simplement avide de la laisser l'habiller de ses caresses.
Etre ouvert à toutes ses emprises, se confier à toutes ses folies.


Elle l'envelopperait enfin de sa peau à elle, lui marquer son empreinte,
imprimer sur elle ses reliefs, le recouvrir d'elle après l'avoir découvert de lui :

ils se retrouveraient en eux après s'être abandonnés en l'autre.
Ni terrains conquis ni territoires vierges, ils ne seraient pas différents mais pourtant renouvelés.


Elle serait lente, patiente, urgente avec ses évidences FIL27956.JPG
et éternelle avec son essentiel,
attentive à le révéler à lui-même
et soucieuse de sublimer ce sourire comblé qui le rend si beau.


Elle le garderait ainsi longtemps au creux de sa peau,
à l'abri des blessures du temps, protégé des solitudes
et des vents contraires.

Elle le garderait ainsi – et il resterait là,
dans la béatitude d'un bonheur trop fugace
pour ne pas s'y attarder encore une éternité.

Dimanche 23 mars 2008 7 23 /03 /Mars /2008 17:57

Publié dans : Tentatives poétiques - Ecrire un commentaire

Acheter mes livres

Support independent publishing: Buy this book on Lulu.

Visitez ma boutique Lulu !

Droits d'auteur

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés